Un barrage à Francheville est-il nécessaire?

10 points pour nourrir le débat.

1- Il n’y a jamais eu d’inondations dangereuses à Francheville. De mémoire de personnes âgées nées ici, et d’habitants ayant vécu plus de 40 ans en bordure de l’Yzeron, il y a bien eu des rues, des caves ou des garages envahis par l’eau, mais pas de danger mortel.

2- Le problème se situe plutôt à Sainte Foy et à Oullins. Lors des crues, les flots, gonflés par l’eau du Charbonnières, arrivent en aval de Francheville et se heurtent à un lit trop étroit, car il a été rétréci, puis au Rhône qui ne peut absorber l’excès d’eau. Son niveau reste haut à cause des barrages qui fournissent de l’électricité.

Des mesures ont été prises, en commençant par Oullins, pour résoudre ces problèmes : des travaux d’élargissement et d’approfondissement du lit de l’Yzeron, empierrements perpendiculaires pour freiner l’eau, ouverture des barrages pour permettre un meilleur écoulement du Rhône, au bon moment. Une brigade de nettoyage du lit enlève les « embâcles », c’est-à-dire les branches qui se mettent en travers du lit, empêchant l’eau de suivre son cours.

3- Le barrage à Francheville est inutile. Les aménagements des berges, les mesures de protection des points sensibles, comme Ruette Mulet, le désensablement, avec une consolidation des berges si besoin est, tout cela suffirait à un meilleur écoulement de l’eau. Par ailleurs, des systèmes d’alerte pourraient avertir les personnes concernées.

Les excès d’eau de pluie, qui envahissent les voies publiques ou privées, ont été évacuées par la pose de nouvelles buses mieux dimensionnées. Il faut les généraliser. Les bassins de rétention d’eau pourraient être multipliés.

4- Il faut respecter la nature. Les crues des rivières doivent pouvoir s’étaler sur des zones humides. Ainsi, ces lieux où vivent tant d’espèces animales et végétales, préservées de la pollution et de l’urbanisation, sont conservés. Ces lieux nous permettent de nous promener, de nous oxygéner, d’observer cette beauté et cette vie sauvage.

5- Le barrage sur l’Yzeron serait une monstruosité. Ce barrage devrait mesurer 23 mètres de haut, soit presque un immeuble de 10 étages ! Ce serait le plus haut barrage de ce type en France… ce qui nous ouvrirait le livre des records. Largeur : 80 mètres ! Longueur : plusieurs centaines de mètres ! Un énorme tas de terre au-dessus de quelques roches, impossible à recouvrir de végétation pour raisons de sécurité.

Il ne serait pas situé dans une zone étroite, mais dans une partie basse et large, afin de recueillir des millions de m3 d’eau, lors d’une crue centennale.

6- Aucune pression légale. Les crues qui peuvent se produire tous les trente ans, seraient absorbées par les aménagements du lit et des berges. Le danger présenté par une crue centennale en est ainsi diminué. Si, pour les crues trentennales une protection est obligatoire selon la loi, ce n’est pas le cas pour les crues centennales. Ni notre municipalité, ni le Syndicat de Rivière ne sont donc obligés de réaliser cette structure énorme.

7- Cette construction inquiète légitimement. L’enrochement de la base de ce monstre disproportionné nécessite l’ouverture d’une carrière. Les habitants de Francheville le Haut sont inquiets : des tirs de mine quotidiens, pendant deux ans troubleraient leur quiétude et pourraient s’avérer dangereux.

8- Le budget nécessaire est énorme. Le coût des travaux et l’entretien de l’ouvrage est faramineux. L’entretien seul doublerait le prix du barrage en 10 ans. En cette période de disette, l’argent public ne serait-il pas mieux utilisé dans l’aide aux plus fragiles, par exemple ou à des investissements plus utiles ?

9- A qui profite le crime ? Les géants du BTP, ainsi que tous ceux qui sont rémunérés par la commande publique, poussent les collectivités locales à s’endetter, en investissant dans de grands travaux.

Si ce barrage est construit, les zones humides n’auront plus lieu d’être. Elles pourraient à terme devenir constructibles. Tous les bétonneurs « mettront la pression » sur les décideurs pour leur vendre ces terrains.

10- Un barrage enlève toute responsabilité : les communes sont ainsi encouragées à des attitudes irresponsables, comme laisser construire des maisons dans des zones inondables, continuer à imperméabiliser les sols, ce qui accentue le ruissellement, couper les haies, ou assécher les prairies qui absorbent l’eau.

Nous voulons garder la beauté de ce lieu unique, les arbres penchés, le sable, les rochers. Si ce barrage est construit, les camions auront détruit les berges, massacré les arbres, éliminé les petites bêtes. Nous ne pourrons franchir ce mur de 10 étages pour nous promener le long de la rivière. Où seront les animaux, chassés de leur habitat ? On ne pourra nous rendre tout cela. 

« Rendez nous la lumière, rendez nous la beauté. Ce monde était si beau et nous l’avons gâché. »

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